Créer une société en Andorre
Créer une société en Andorre : le guide complet des démarches, coûts et fiscalité
Créer une société en Andorre consiste à immatriculer une entité commerciale, le plus souvent une Societat Limitada (SL), au Registre des sociétés de la Principauté. La société andorrane paie un impôt sur les sociétés plafonné à 10 %, applique une IGI de 4,5 % et réclame un capital minimum de 3 000 € pour une SL.
Ce guide couvre chaque étape réelle, du choix de la forme juridique à l’ouverture du compte professionnel, avec les coûts détaillés et les conditions honnêtes pour profiter de la fiscalité andorrane.
Le fond du sujet
Pourquoi créer une société en Andorre
La Principauté attire les dirigeants francophones pour une raison simple : une entreprise y garde une part bien plus grande de ce qu’elle gagne. Voici ce qui change concrètement par rapport à une société française.
Une société andorrane est imposée sur ses bénéfices à un taux plafonné à 10 %. En France, le taux normal de l’impôt sur les sociétés atteint 25 %. Sur un bénéfice de 200 000 €, l’écart représente 30 000 € conservés chaque année, réinvestis dans l’activité plutôt que versés au Trésor. C’est le premier moteur des relocalisations d’entreprises vers Andorre.
La taxe sur la consommation, l’IGI (impost general indirecte, l’équivalent local de la TVA), s’élève à 4,5 %, contre 20 % en France. Une entreprise qui facture des services depuis Andorre applique donc un taux quatre fois inférieur, ce qui allège la charge finale pour ses clients et simplifie sa gestion.
La distribution de dividendes suit la même logique de modération. Les dividendes versés par une société andorrane à un actionnaire résident fiscal de la Principauté ne subissent pas de retenue à la source andorrane. Le dirigeant qui structure sa rémunération entre salaire et dividendes dispose donc d’une marge de pilotage que le régime français n’offre plus.
La société, porte d’entrée vers la résidence active
Créer et diriger une société andorrane ouvre l’accès à la résidence active, le statut réservé à ceux qui exercent une activité économique dans le pays. La société n’est donc pas seulement un outil fiscal, elle devient le support juridique de toute une installation. Pour le détail des taux, des seuils et de la convention fiscale France-Andorre, consultez notre guide de la fiscalité des entreprises en Andorre.
Choisir sa structure
Les formes juridiques : SL, SLU ou SA
Deux formes couvrent la quasi-totalité des projets. La Societat Limitada (SL) pour les PME et les indépendants, la Societat Anònima (SA) pour les grandes opérations. Le choix dépend du capital que vous mobilisez et de l’ampleur du projet. Pour le détail de chaque statut et des démarches associées, voyez notre page types de sociétés, conditions et démarches.
| Critère | SL / SLU | SA |
|---|---|---|
| Capital minimum | 3 000 € | 60 000 € |
| Profil visé | PME, indépendants, holdings patrimoniales, sociétés de services | Grands projets, levées de fonds, actionnariat large |
| Associé unique | Oui, la SLU (Societat Limitada Unipersonal) est la version à associé unique | Possible, mais rarement pertinent à ce niveau de capital |
| Cession de parts | Encadrée, priorité aux associés existants | Plus libre, actions transmissibles |
| Gouvernance | Souple, un ou plusieurs administrateurs | Structure formelle, conseil d’administration possible |
Quand choisir la SL ou la SLU. La grande majorité des créateurs partent sur une SL. Elle suffit pour un cabinet de conseil, une agence, un e-commerce, une activité de trading ou une holding familiale. Si vous êtes seul aux commandes, la SLU vous donne la même structure sans associé de complaisance. Le capital de 3 000 € reste modeste et il n’est pas perdu, il finance ensuite le fonctionnement de la société.
Quand choisir la SA. La Societat Anònima s’impose quand le projet mobilise des capitaux importants, prévoit d’ouvrir son actionnariat ou vise une opération d’envergure. Son capital de 60 000 € et son formalisme renforcé répondent aux besoins d’un projet industriel ou d’une société appelée à accueillir des investisseurs.
La marche à suivre
Les étapes de création, pas à pas
Sept étapes séparent l’idée de la société immatriculée. Chacune dépend de la précédente, et deux d’entre elles font intervenir l’administration andorrane. Voici l’ordre réel des opérations.
Réserver la dénomination sociale
Vous soumettez trois noms par ordre de préférence au Registre. L’administration vérifie qu’aucune société n’utilise déjà la dénomination retenue et délivre un certificat de réservation. Rien ne peut avancer avant cette validation.
Demander l’autorisation d’investissement étranger (IDE)
Tout non-résident qui détient des parts d’une société andorrane dépose une demande d’investissement direct étranger auprès du gouvernement. Cette autorisation conditionne la constitution. C’est souvent l’étape qui pèse le plus dans le calendrier.
Déposer le capital sur un compte bloqué
Vous ouvrez un compte de dépôt dans une banque andorrane et y bloquez le capital social, 3 000 € pour une SL. La banque délivre un certificat de dépôt exigé par le notaire. Les fonds sont débloqués une fois la société immatriculée.
Constituer la société devant notaire
Le notaire andorran rédige l’acte de constitution, les statuts et la répartition des parts. Il valide l’identité des associés, l’autorisation d’investissement et le certificat de dépôt. Vous signez l’acte public qui donne naissance à la société.
Immatriculer au Registre des sociétés
L’acte notarié est déposé au Registre de Sociétats Mercantils. L’inscription confère la personnalité juridique à la société et la rend opposable aux tiers. La société existe désormais officiellement.
Obtenir le NRT, le numéro fiscal
La société reçoit son Número de Registre Tributari, l’identifiant fiscal andorran. Il conditionne la facturation, les déclarations d’IGI et le paiement de l’impôt sur les sociétés. Sans NRT, aucune activité déclarée n’est possible.
Ouvrir le compte professionnel
Le compte de dépôt bloqué se transforme en compte courant d’exploitation, ou vous en ouvrez un dédié. Les banques andorranes appliquent une procédure de conformité rigoureuse : justificatifs d’origine des fonds, description de l’activité, entretien avec le chargé de clientèle. Une fois le compte actif, la société encaisse, paie ses fournisseurs et verse les salaires. L’entreprise est opérationnelle.
La question qui revient
Peut-on créer une société sans être résident en Andorre ?
Oui, un non-résident peut détenir et diriger une société andorrane. Non, il n’en tire pas automatiquement les avantages fiscaux. La distinction est capitale et beaucoup de sites l’escamotent.
La création elle-même reste ouverte aux non-résidents. Après obtention de l’autorisation d’investissement étranger, un entrepreneur français installé à Paris peut parfaitement détenir des parts d’une SL andorrane et la gérer. Sur ce plan, la nationalité et le lieu de vie ne bloquent rien.
La fiscalité, en revanche, suit la personne, pas la société sur le papier. Pour que vos revenus profitent des taux andorrans, vous devez devenir résident fiscal de la Principauté. Cela suppose d’y vivre plus de 183 jours par an, d’y établir le centre de vos intérêts économiques et de disposer d’une substance réelle : un bureau, une activité effective, une présence tangible. Une société andorrane dirigée depuis la France, sans installation réelle, expose son propriétaire à une requalification par l’administration française, qui la considérera comme fiscalement française.
Transparence
Combien coûte vraiment la création d’une société ?
Le budget se divise en deux blocs bien distincts : le capital social, que vous récupérez, et les frais administratifs, qui sont votre coût réel. Voici la décomposition, poste par poste.
| Poste | Montant indicatif | Nature |
|---|---|---|
| Capital social (SL) | 3 000 € | Bloqué à la constitution, puis réutilisable par la société. Ce n’est pas une dépense. |
| Autorisation d’investissement (IDE) | 300 € | Frais de dossier gouvernemental pour l’investissement étranger. |
| Frais de notaire | 400 à 900 € | Rédaction et signature de l’acte de constitution. |
| Honoraires d’accompagnement | 1 500 à 2 500 € | Cabinet qui pilote les démarches, le notaire, la banque et le Registre. |
| Total administratif | 2 500 à 3 500 € | Coût réel, hors capital social récupérable. |
Retenez la logique : le capital de 3 000 € n’est pas perdu. Il finance ensuite les premiers frais de la société. Votre dépense nette, celle qui sort définitivement de votre poche, se situe entre 2 500 et 3 500 € pour une SL montée dans les règles. Beaucoup d’acteurs affichent un prix d’appel très bas puis ajoutent des frais en cours de route. Un devis honnête intègre le notaire, l’autorisation d’investissement, l’immatriculation et l’accompagnement dès le départ.
Montants indicatifs pour une SL standard, à confirmer selon la nature de votre projet et le détail de votre dossier. Les frais de notaire et de dossier varient d’un cas à l’autre.
Le calendrier
Combien de temps faut-il pour créer sa société ?
Comptez trois à six mois entre la réservation du nom et l’ouverture du compte professionnel. Ce délai reflète le passage par l’administration, pas une lenteur du processus lui-même.
La réservation de dénomination et la constitution notariée prennent quelques semaines. Ce qui allonge le calendrier, c’est l’autorisation d’investissement étranger, dont l’instruction dépend du gouvernement, et la procédure d’ouverture bancaire, particulièrement exigeante en Andorre. Les banques andorranes examinent l’origine des fonds et la cohérence du projet avant d’accepter un nouveau client.
Trois facteurs rallongent régulièrement le délai : un dossier d’investissement incomplet qui repart en instruction, une banque qui demande des justificatifs complémentaires, et une activité réglementée qui nécessite une autorisation sectorielle. Un dossier préparé sérieusement dès le départ reste dans la fourchette basse, autour de trois mois.
Mise au point nécessaire
L’Andorre n’est pas un montage offshore
Le mot « offshore » revient dans beaucoup de recherches sur la société andorrane. Il induit en erreur. Une société créée en Andorre n’a rien d’une coquille dans un paradis opaque. La Principauté a changé de statut fiscal et joue désormais la carte de la coopération internationale.
- Échange automatique d’informations. Andorre transmet les données bancaires de ses résidents étrangers à leurs pays d’origine dans le cadre de la norme commune de l’OCDE. Le secret bancaire d’autrefois n’existe plus.
- Conventions fiscales. La Principauté a signé une convention de non double imposition avec la France, entrée en vigueur en 2015, ainsi qu’avec l’Espagne et d’autres pays. Chaque revenu est imposé à un endroit défini, sans échappatoire.
- Exigence de substance. Une société andorrane doit exercer une activité réelle sur le territoire pour être reconnue. Bureau, personnel ou dirigeant présent, activité effective : sans cela, l’administration du pays d’origine requalifie la structure.
- Sortie des listes grises. Andorre ne figure plus sur les listes de juridictions non coopératives de l’OCDE. Sa fiscalité est basse, elle n’est ni cachée ni illégale.
La différence avec un montage offshore tient en une phrase : en Andorre, vous ne dissimulez rien, vous vous installez pour de bon dans un pays à faible imposition. C’est un déplacement de vie réel, déclaré et conforme, pas un artifice comptable.
Structuration patrimoniale
La holding en Andorre
Une holding andorrane détient des participations dans d’autres sociétés et centralise leurs dividendes. Sous conditions, le régime andorran des sociétés de détention de participations allège la taxation des dividendes reçus et des plus-values de cession de titres. C’est l’outil des entrepreneurs qui possèdent plusieurs sociétés ou qui préparent la revente d’une participation.
L’intérêt est double. La holding regroupe la gouvernance d’un groupe sous une même tête et sert de véhicule de réinvestissement, en logeant les liquidités remontées des filiales avant de les réallouer. Elle reste soumise aux mêmes exigences que toute société andorrane : substance réelle et résidence effective du dirigeant. Une holding sans activité et sans présence n’apporte aucun avantage, elle crée un risque. Le montage se décide au cas par cas, en fonction de votre patrimoine et de vos projets de cession.
Adresse et locaux
Domiciliation et adresse de la société
Toute société andorrane doit disposer d’une adresse réelle sur le territoire. Le siège social figure dans les statuts et conditionne l’immatriculation. Une simple boîte aux lettres ne suffit pas : l’administration attend un local identifiable où la société peut être jointe et où s’exerce sa gestion.
Selon l’activité, l’adresse prend la forme d’un bureau loué, d’un espace partagé ou d’un local commercial. Cette exigence rejoint celle de la substance : l’adresse andorrane n’est pas une formalité, elle matérialise l’ancrage de l’entreprise dans le pays et pèse dans la reconnaissance de sa résidence fiscale. Pour comparer les espaces de travail et les formules de domiciliation conformes, consultez notre guide des coworkings et de la domiciliation en Andorre.
De la société à l’installation
Société et résidence active : le lien direct
Créer et diriger une société ouvre la voie à la résidence active, le statut de ceux qui travaillent en Andorre. La société n’est pas qu’un outil fiscal, elle est le motif juridique de votre installation.
La résidence active s’adresse à l’entrepreneur qui exerce une activité économique dans la Principauté, le plus souvent à travers sa propre société. Elle impose une présence effective, un investissement, et l’exercice réel de la direction depuis le territoire. En contrepartie, elle donne accès au régime fiscal andorran et au droit de vivre et travailler sur place.
La démarche s’articule donc en deux temps liés : la société d’abord, la résidence ensuite, chacune renforçant l’autre. Pour comprendre les conditions, les profils et les justificatifs de la résidence, consultez notre guide de la résidence en Andorre.
L’accompagnement
Comment Setup Andorra vous accompagne
Connaître les étapes ne suffit pas à les franchir. Entre l’autorisation d’investissement, le notaire, la banque et le Registre, un dossier mal préparé traîne pendant des mois. Setup Andorra prend le projet en charge de bout en bout.
Un interlocuteur unique pilote votre société, votre résidence, l’ouverture de votre compte bancaire et votre installation sur place, de la première question au premier jour d’activité. Le cabinet est basé en Andorre, il connaît les notaires, les banques et l’administration, et il prépare chaque dossier pour qu’il passe du premier coup. Vous gardez la main sur les décisions, l’équipe gère l’exécution.
Un cabinet installé en Andorre, pas un intermédiaire à distance
La fondatrice Virginie Hergel et son équipe accompagnent les francophones qui s’installent dans la Principauté. Une présence locale, une méthode éprouvée, des résultats mesurés par ceux qui l’ont fait.
Foire aux questions
Vos questions sur la création de société
Quel est le prix de la création d’une société en Andorre ?
Le coût administratif réel se situe entre 2 500 et 3 500 € pour une SL, notaire, autorisation d’investissement, immatriculation et accompagnement compris. À cela s’ajoute le capital social de 3 000 €, qui reste la propriété de la société et sert ensuite à financer son fonctionnement.
Peut-on ouvrir une société en Andorre sans être résident ?
Oui. Un non-résident peut détenir et diriger une société andorrane après avoir obtenu l’autorisation d’investissement étranger. En revanche, profiter de la fiscalité andorrane suppose de devenir résident fiscal, donc de vivre plus de 183 jours par an dans la Principauté avec une activité réelle sur place.
Quels sont les avantages fiscaux d’une société andorrane ?
L’impôt sur les sociétés est plafonné à 10 %, contre 25 % en France. La TVA locale (IGI) s’établit à 4,5 %. Les dividendes versés à un actionnaire résident ne subissent pas de retenue à la source andorrane. Ces avantages ne s’appliquent pleinement qu’aux résidents fiscaux de la Principauté.
Combien de temps faut-il pour créer sa société ?
Comptez trois à six mois. Le passage par l’autorisation d’investissement étranger et par la procédure bancaire andorrane, très rigoureuse, explique l’essentiel du délai. Un dossier bien préparé reste proche de trois mois.
Faut-il un capital minimum pour créer une société ?
Oui. Une SL exige un capital minimum de 3 000 €, une SA de 60 000 €. Le capital est bloqué sur un compte bancaire pendant la constitution, puis débloqué et utilisable par la société une fois celle-ci immatriculée.
Un Français peut-il créer une société en Andorre ?
Oui. La nationalité française ne fait pas obstacle. Après obtention de l’autorisation d’investissement étranger, un ressortissant français crée sa SL comme n’importe quel investisseur. Pour bénéficier de la fiscalité, il devra transférer sa résidence fiscale en Andorre et y exercer une activité réelle.
La société andorrane est-elle un montage offshore ?
Non. Andorre applique l’échange automatique d’informations bancaires, a signé des conventions de non double imposition et exige une substance réelle de ses sociétés. La Principauté ne figure plus sur les listes grises de l’OCDE. La fiscalité y est basse, mais elle est déclarée et conforme.
Quelle forme juridique choisir entre SL et SA ?
La SL, avec son capital de 3 000 €, couvre la quasi-totalité des projets de PME, d’indépendants et de holdings. La SLU en est la version à associé unique. La SA, au capital de 60 000 €, se réserve aux grands projets et aux sociétés qui ouvrent leur actionnariat.
Passez du projet à la société immatriculée
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