L’impôt sur les sociétés (IS) : 10 % contre 25 % en France
L’impôt sur les sociétés andorran frappe les bénéfices d’une société au taux général de 10 %. En France, le même bénéfice supporte 25 %. En Espagne, 25 % également. L’écart parle de lui-même.
Prenons une société de conseil qui dégage 200 000 € de bénéfice net. En Andorre, elle paie 20 000 € d’IS. En France, elle en paie 50 000 €. Différence sur une année : 30 000 € qui restent dans la trésorerie de l’entreprise plutôt que de partir au Trésor public. Sur cinq ans d’activité stable, l’écart cumulé dépasse 150 000 €.
Le mécanisme reste classique : on calcule un résultat fiscal, on applique le taux. La différence tient au taux lui-même et à quelques régimes particuliers. Certaines sociétés de gestion de participations ou d’exploitation d’actifs immatériels bénéficient d’un traitement allégé. Le capital social minimum d’une société à responsabilité limitée andorrane s’élève à 3 000 €. Le détail des formes juridiques et des démarches figure dans notre guide de la création de société en Andorre.
Point de vigilance : le taux bas ne suffit pas. L’administration andorrane exige de la substance. Une société qui facture depuis Andorre mais dont toute l’activité réelle se déroule ailleurs s’expose à un redressement, en Andorre comme dans le pays d’origine. Bureau, salarié, décisions prises sur place : la structure doit vivre là où elle est domiciliée. Sur les options de domiciliation conformes, voyez notre guide de la domiciliation.
L’IRPF : un impôt sur le revenu plafonné à 10 %
L’IRPF est l’impôt andorran sur le revenu des personnes physiques. Il fonctionne par tranches, comme le barème français, mais avec des seuils et un plafond sans équivalent en France :
- 0 % jusqu’à 24 000 € de revenu annuel
- 5 % sur la part comprise entre 24 000 € et 40 000 €
- 10 % sur tout ce qui dépasse 40 000 €
Un exemple chiffré rend la mécanique concrète. Un résident touche 60 000 € imposables. Sa première tranche (24 000 €) n’est pas taxée. La deuxième (16 000 €) supporte 5 %, soit 800 €. Le solde (20 000 €) supporte 10 %, soit 2 000 €. Total : 2 800 € d’impôt sur le revenu, un taux effectif de 4,67 %. Le même revenu de 60 000 € en France, pour un célibataire sans charge, entre dans la tranche à 30 % et laisse une facture bien plus lourde une fois le barème progressif appliqué.
Le plafond andorran à 10 % change la logique pour les hauts revenus. En France, le barème monte jusqu’à 45 %, auxquels s’ajoute la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. En Espagne, l’addition de l’impôt d’État et de l’impôt régional dépasse 47 % sur les tranches supérieures. En Andorre, le taux marginal s’arrête à 10 %, quel que soit le montant du revenu. Pour un dirigeant qui se verse 300 000 € par an, l’écart devient structurant.
Les dividendes de source andorrane bénéficient d’un traitement favorable, souvent une exonération à l’IRPF pour éviter la double imposition économique déjà supportée au niveau de la société.
L’IGI : la TVA locale à 4,5 %
L’IGI (Impost General Indirecte) est la taxe andorrane sur la consommation, l’équivalent de la TVA. Son taux général est de 4,5 %. En France, la TVA standard est de 20 %. En Espagne, 21 %. C’est le taux de TVA le plus bas d’Europe.
Concrètement, sur un achat de 1 000 € hors taxe, un consommateur andorran paie 45 € d’IGI. Le même achat en France coûte 200 € de TVA. Cet écart explique pourquoi Andorre reste une destination d’achat pour l’électronique, les parfums, le tabac ou les spiritueux, et pourquoi le commerce de détail y pèse autant dans l’économie.
L’IGI comporte plusieurs taux :
- 0 % : taux super-réduit, sur la location de logement, les médicaments remboursés par la CASS et certains services de santé et d’enseignement
- 1 % : taux réduit, sur les produits alimentaires, l’eau, les livres, les journaux et les revues
- 2,5 % : taux spécial, sur le transport et certains services culturels
- 3,5 % : taux spécifique, sur l’acquisition d’un logement destiné à la location de résidence permanente, sous conditions
- 4,5 % : taux général, sur la majorité des biens et services
- 9,5 % : taux majoré, sur les services bancaires et financiers
Pour une entreprise, l’IGI se gère comme la TVA : collecte sur les ventes, déduction sur les achats, reversement de la différence. La charge administrative reste légère par rapport au système français, notamment parce que les taux sont peu nombreux et les seuils clairs.
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