Andorre durcit les critères d’acceptation des sociétés étrangères

Depuis plusieurs années, Andorre s’est imposée comme une juridiction attractive pour les entrepreneurs et investisseurs étrangers. Fiscalité compétitive, stabilité politique, qualité de vie élevée et cadre juridique clair ont favorisé l’installation de nombreuses sociétés internationales.
Cependant, cette dynamique arrive aujourd’hui à un tournant. Le gouvernement andorran a décidé de resserrer les critères d’acceptation des investissements étrangers, notamment pour l’ouverture de sociétés ne présentant pas d’impact significatif sur l’économie réelle du pays. Cette évolution, largement commentée dans la presse économique locale, marque un changement stratégique majeur.
L’objectif de cet article est d’expliquer en détail :
- pourquoi l’Andorre a choisi de durcir ces critères,
- ce que cela signifie concrètement pour les investisseurs étrangers,
- et comment s’adapter à ce nouveau cadre réglementaire.
1. Rappel du contexte : une Andorre longtemps très ouverte aux investissements étrangers
1.1. Une politique d’ouverture assumée
Jusqu’à récemment, l’Andorre menait une politique clairement favorable aux capitaux étrangers. L’ouverture du capital des sociétés à 100% pour les non-résidents, combinée à un impôt sur les sociétés plafonné à 10%, a permis d’attirer :
- des entrepreneurs digitaux,
- des holdings internationales,
- des activités de conseil, de services ou de commerce international.
Cette stratégie avait pour but de moderniser l’économie andorrane et de réduire sa dépendance historique au tourisme et au commerce frontalier.

1.2. Les limites de cette ouverture
Avec le temps, les autorités ont constaté que certains projets d’investissement restaient purement formels :
- sociétés sans salariés locaux,
- activités exercées presque exclusivement à l’étranger,
- structures créées principalement pour obtenir une résidence ou un statut fiscal avantageux.
Ces sociétés généraient parfois des recettes fiscales, mais peu ou pas de valeur ajoutée réelle pour l’économie andorrane.
2. Le durcissement des critères : que fait concrètement le gouvernement andorran ?
2.1. Une interprétation plus stricte de la notion d’investissement étranger
Le changement ne repose pas uniquement sur une nouvelle loi, mais surtout sur une interprétation plus exigeante des textes existants. Désormais, l’administration analyse chaque demande d’investissement étranger sous l’angle de son impact économique réel.
Cela signifie que l’autorisation peut être refusée si le projet :
- n’apporte aucune contribution tangible au tissu économique national.
- ne crée pas d’emplois locaux,
- n’implique pas de présence opérationnelle réelle en Andorre,
2.2. La notion clé : l’«économie réelle »
Le concept d’économie réelle est désormais central. Pour le gouvernement andorran, une entreprise acceptable doit :
- produire ou vendre des biens ou services depuis Andorre,
- employer du personnel local ou résident,
- participer à la diversification économique du pays.
Une société uniquement administrative ou instrumentale est de plus en plus susceptible d’être refusée.

3. Pourquoi l’Andorre a-t-elle fait ce choix stratégique ?
3.1. Protéger un territoire et un marché limités
L’Andorre est un petit État, avec :
- une superficie restreinte,
- un marché du travail limité,
- des infrastructures dimensionnées pour une population réduite.
Autoriser un grand nombre de sociétés sans activité réelle crée une pression inutile sur :
- le logement,
- les permis de travail,
- les ressources administratives.
Le gouvernement privilégie donc désormais la qualité des projets plutôt que leur quantité.
3.2. Favoriser un développement économique durable
L’ambition affichée est claire : construire une économie plus robuste, moins dépendante de facteurs externes. Les autorités souhaitent attirer des entreprises capables de :
- s’inscrire dans la durée,
- créer de la valeur locale,
- renforcer les compétences et l’emploi.
Ce virage s’inscrit dans une vision de croissance durable et maîtrisée, plutôt que dans une logique d’attractivité purement fiscale.
3.3. Lutter contre les investissements « opportunistes »
Un autre objectif majeur est de limiter les investissements réalisés uniquement pour :
- obtenir une résidence,
- optimiser une situation fiscale personnelle,
- détenir un actif immobilier via une structure sociétaire.
Ces pratiques, bien que parfois légales, sont désormais considérées comme contraires à l’intérêt général si elles n’apportent rien à l’économie réelle.

4.2. Les inquiétudes des investisseurs étrangers
Du côté des investisseurs internationaux, certaines inquiétudes émergent :
- manque de visibilité sur les critères exacts d’acceptation,
- risque d’arbitraire administratif,
- délais de traitement plus longs.
Le principal enjeu est l’insécurité juridique : les entrepreneurs souhaitent savoir clairement ce qui est attendu avant d’engager du temps et des capitaux.
5. Quelles conséquences pour l’ouverture d’une société étrangère en Andorre ?
5.1. Des dossiers plus complexes et plus argumentés
Créer une société en Andorre reste possible, mais nécessite désormais :
- un business plan détaillé,
- une démonstration claire de l’impact économique,
- parfois des engagements chiffrés (emplois, investissements, locaux).
Les projets « légers » ou peu structurés ont beaucoup moins de chances d’aboutir.
5.2. Une sélection plus qualitative des projets
Les activités favorisées sont généralement :
- les entreprises créant de l’emploi local,
- les projets technologiques ou innovants,
- les activités de production, de services avancés ou à forte valeur ajoutée.
À l’inverse, les structures purement passives ou administratives sont plus souvent refusées.
6. Comment réussir son projet d’implantation en Andorre dans ce nouveau contexte ?
6.1. Concevoir un projet orienté économie locale
Pour maximiser ses chances, un projet doit démontrer :
- une présence réelle en Andorre,
- une contribution mesurable à l’économie,
- une vision à moyen et long terme.
Il est essentiel de penser l’implantation comme un projet entrepreneurial réel, et non comme un simple outil juridique.
6.2. Anticiper l’analyse des autorités
Les autorités andorranes évaluent désormais :
- la cohérence du projet,
- sa viabilité économique,
- son adéquation avec les priorités nationales.
Une préparation en amont est indispensable pour éviter refus et retards.
6.3. Se faire accompagner par des experts locaux
Dans ce contexte plus exigeant, l’accompagnement par des spécialistes de l’implantation en Andorre devient un facteur clé de succès. Une bonne structuration juridique, fiscale et économique permet :
- d’aligner le projet avec les attentes du gouvernement,
- de sécuriser les démarches,
- d’optimiser les chances d’acceptation.
7. Une Andorre plus sélective, mais toujours attractive
Contrairement à certaines idées reçues, l’Andorre ne ferme pas ses portes aux investisseurs étrangers. Elle change simplement de logique.
? Le message est clair : les projets créateurs de valeur sont les bienvenus.
Cette évolution permet à la Principauté de :
- préserver son modèle économique,
- renforcer la crédibilité de sa place économique,
- attirer des entrepreneurs réellement engagés.
Conclusion : ce qu’il faut retenir
Le durcissement des critères d’acceptation des sociétés étrangères en Andorre marque une évolution stratégique majeure :
- fin de l’ouverture automatique,
- priorité à l’économie réelle,
- sélection qualitative des investissements.
Pour les entrepreneurs sérieux, cette nouvelle approche représente non pas un obstacle, mais une opportunité de se démarquer avec des projets solides et durables.
Chez Setup Andorra, nous accompagnons les investisseurs et entrepreneurs à chaque étape pour concevoir des projets conformes aux nouvelles exigences et réussir leur implantation dans un cadre sécurisé et pérenne.
