L’intelligence artificielle transforme en profondeur le secteur financier andorran. Les trois grandes banques de la Principauté — Andbank, MoraBanc et Creand Crèdit Andorrà — s’accordent sur un constat commun : face à l’essor de l’IA, renforcer la cybersécurité n’est plus une option mais une nécessité stratégique. Pour les entrepreneurs et investisseurs qui s’installent en Andorre, comprendre la solidité du système bancaire local est une information essentielle avant d’ouvrir un compte professionnel ou de créer une société.
En mai 2026, les trois établissements ont confirmé au Diari d’Andorra qu’ils travaillent déjà avec des solutions intégrant l’intelligence artificielle dans leurs dispositifs de détection, d’analyse et de résolution des incidents de sécurité. Cette évolution s’inscrit dans un contexte mondial où les cybermenaces gagnent en sophistication et en rapidité.
Andbank, MoraBanc et Creand : une position commune face aux risques IA
Les responsables des trois banques andorranes convergent sur l’essentiel : l’intelligence artificielle modifie à la fois les méthodes d’attaque des cybercriminels et les outils disponibles pour s’en défendre. Sergi Castillo, responsable de la sécurité de l’information chez Andbank, a averti que ces technologies peuvent accélérer des risques déjà existants, comme l’automatisation des attaques, l’identification de vulnérabilités ou la génération de campagnes malveillantes plus sophistiquées. Selon lui, le principal défi n’est pas tant l’apparition de nouvelles menaces que la vitesse à laquelle elles peuvent évoluer.
Chez MoraBanc, Andrés González Kasaeva, Chief Information Security Officer, a indiqué que les établissements financiers andorrans de premier niveau travaillent avec des fournisseurs mondiaux de cybersécurité qui intègrent déjà l’IA dans leurs plateformes. Il a précisé que le véritable défi n’est pas l’accès à la technologie, mais d’en tirer le maximum, ce qui exige des équipes formées, des données bien structurées et une gouvernance claire.
Du côté de Creand, Albert Santisteve, directeur de la technologie et de la sécurité, a nuancé la situation en rappelant que l’exclusion initiale de certaines entités européennes du projet Glasswing — qui coordonne l’accès au modèle d’IA Claude Mythos d’Anthropic — n’implique pas nécessairement une limitation permanente. Il a précisé que la préoccupation réelle surviendrait uniquement si les organisations extérieures au projet ne pouvaient définitivement plus y accéder, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Des investissements en hausse dans toutes les entités
Les trois établissements ont confirmé avoir augmenté leurs investissements en cybersécurité et en intelligence artificielle au cours des dernières années. Andbank a placé la cybersécurité au rang de priorité stratégique. MoraBanc a lié cette hausse de ressources à une prise de conscience accrue des risques technologiques et aux exigences réglementaires croissantes. Creand a précisé disposer d’un plan directeur de sécurité ainsi que d’un plan de travail spécifique pour faire face aux menaces générées par l’IA.
Ces engagements concrets démontrent que le système bancaire andorran ne se contente pas d’observer l’évolution technologique. Il l’anticipe activement, en allouant des ressources significatives à la protection des données et des transactions de ses clients.
Des infrastructures protégées et contrôlées
Sur la question de la robustesse des infrastructures existantes, les trois banques ont défendu une position rassurante. MoraBanc a expliqué que les systèmes anciens, lorsqu’ils existent encore, sont couverts par des contrôles compensatoires tels que la segmentation de réseau, la surveillance intensive et des politiques strictes d’accès. Andbank a précisé que ces environnements sont bien connus et que leurs vulnérabilités sont généralement identifiées et gérées. Creand a quant à elle indiqué que son logiciel de core banking — le système central de gestion bancaire — fait l’objet de mises à jour régulières.
Cette approche pragmatique illustre la maturité des banques andorranes face aux enjeux de sécurité numérique. Pour un entrepreneur qui souhaite ouvrir un compte professionnel en Andorre, cette réalité constitue un signal positif quant à la fiabilité du cadre bancaire local.

Le projet Glasswing et Claude Mythos : 10 000 vulnérabilités détectées en un mois
L’article du Diari d’Andorra rappelle le contexte dans lequel s’inscrit ce débat. Le Project Glasswing, initiative coordonnée par la société américaine Anthropic pour tester le modèle d’IA Claude Mythos — capable d’analyser et de détecter des problèmes de cybersécurité — bénéficie du soutien d’Amazon Web Services, Google, Microsoft, NVIDIA et Palo Alto Networks. Selon les données publiées par Anthropic, ce programme a détecté plus de 10 000 vulnérabilités dans des projets de code open source lors de son premier mois d’activité. Sur ce total, 1 094 failles ont été confirmées comme graves ou critiques et exploitables.
Ce chiffre illustre concrètement la puissance des outils d’IA appliqués à la cybersécurité, et explique pourquoi les établissements financiers andorrans suivent de près l’évolution de ces technologies.
La dépendance technologique : un sujet stratégique pour l’Europe
Les trois banques ont également abordé la question de la souveraineté numérique européenne. Andbank a averti qu’une limitation dans l’accès aux outils avancés pourrait accroître la dépendance vis-à-vis des États-Unis, notamment dans des domaines critiques comme la cybersécurité. Creand a reconnu que cette dépendance existe déjà et que d’autres régions du monde ont progressé plus rapidement dans l’IA appliquée à la sécurité informatique.
Ce débat dépasse les frontières de la Principauté. Il concerne l’ensemble des acteurs financiers européens qui cherchent à trouver un équilibre entre l’utilisation des meilleures solutions disponibles et la préservation d’une autonomie technologique suffisante.
Ce que cela signifie concrètement pour les entrepreneurs installés en Andorre
Pour un entrepreneur ou un investisseur qui s’installe en Andorre, la solidité du système bancaire local représente un critère de choix important. La cybersécurité ne concerne pas uniquement les grandes institutions. Elle protège également les comptes professionnels, les flux financiers des sociétés et les données personnelles des résidents.
Le fait que les trois banques andorranes aient investi activement dans des dispositifs de sécurité intégrant l’intelligence artificielle constitue un signal rassurant. Il confirme que le secteur financier de la Principauté suit de près les évolutions technologiques mondiales et prend les mesures nécessaires pour préserver la confiance de ses clients.
Cette réalité s’inscrit dans la continuité de la modernisation du système bancaire andorran, qui a considérablement renforcé ses standards de conformité et de transparence au cours des dernières années pour s’aligner sur les exigences internationales.

Conclusion
Les banques andorranes — Andbank, MoraBanc et Creand — partagent une vision commune : l’intelligence artificielle représente à la fois un risque et une opportunité pour la cybersécurité financière. Leur réponse est claire : investir, former les équipes, structurer la gouvernance et anticiper les évolutions. Dans un environnement où les cybermenaces gagnent en sophistication, cette posture proactive renforce la crédibilité et la solidité du système bancaire de la Principauté. Pour les entrepreneurs qui préparent leur installation en Andorre, c’est une information qui compte.
Vous souhaitez ouvrir un compte bancaire professionnel en Andorre ? Contactez-nous →


